Rencontres avec...

Rencontre avec Sylvie Chausse

Récit de la classe de CE2-CM1- Châtillon Saint-Jean

 

Lundi 11 avril, nous avons rencontré l’auteur Sylvie Chausse dans notre classe de CE2–CM1.Elle nous a présenté son travail d’une manière très sympathique : nous nous sommes sentis à l’aise avec elle car elle avait beaucoup d’humour.

Elle a commencé son parcours d’auteur très jeune. Elle pense avoir toujours eu cela en elle : dès qu’elle eut un crayon en main, elle s’est amusée avec les mots. Elle a écrit son premier livre à l’âge de 21 ans avec une amie dont le père était éditeur.

Sylvie Chausse travaille beaucoup dans son bureau, au rez de chaussée de sa maison, mais il lui arrive de travailler également dans le train. Son inspiration, elle la trouve dans tout ce qui l’entoure, dans les discussions qu’elle entend, dans ses chats, dans les livres. Elle porte toujours sur elle un carnet dans lequel elle note à la main toutes ses idées. Toutes ne sortiront pas de ce carnet mais certaines deviendront des histoires.

A l’ordinateur, elle écrit ensuite des dizaines de brouillons qui seront corrigés par elle ou par l’éditeur. Certains mots sont barrés, mis entre parenthèses ou écrits en rouge quand un passage a été modifié. Après cette étape, le texte envoyé à l’éditeur s’appelle une épreuve, il est encore corrigé.

Si ses livres sont plein d’humour, c’est parce que la vie est parfois dure et dans ses écrits elle peut s’exprimer, dire ce qu’elle ressent, c’est une vraie volonté de sa part.

Sylvie Chausse n’a pas toujours le même rapport avec les illustrateurs ou les éditeurs avec qui elle travaille. Philippe Henri Turin lui téléphone après chacun de ses dessins, elle ne reçoit rien d’Anne Letuffe avant la sortie du livre et elle n’a connu l’illustrateur de « J’ai la pêche, tu as la frite » seulement six mois après la parution du livre. Lorsqu’elle a débuté sa carrière, elle trouvait que les illustrations étaient une trahison de ses textes. A présent, elle pense qu’elles sont d’une grande richesse.

Les éditeurs ont déjà refusé une dizaine de ses livres : dans ces cas là, elle est partie à la recherche d’autres maisons d’édition car chacune de ces maisons a des exigences différentes. Cela lui permet d’avoir un choix d’éditeurs selon les thèmes abordés dans ses histoires.

Les auteurs et les illustrateurs peuvent parfois décider de la taille d’un livre mais les éditeurs exigent qu’ils ne soient pas trop chers. Chacun des livres de Sylvie Chausse sont partis d’une idée différente. Pour « Trois petites culottes », elle s’est inspirée d’un tableau créé par l’un de ses amis artistes (tableau sur lequel trois petites culottes étaient suspendues à un fil). Il manquait à Sylvie Chausse des personnages pour en faire une histoire, elle a décidé que ces culottes appartiendraient à « trois petits cochons ». Le livre ayant bien marché, surtout dans les écoles, l’éditeur lui a demandé d’interpréter d’autres contes. L’éditeur des éditions du Ricochet avait beaucoup aimé la toile de Capucine Mazille représentant une princesse dormant sur sept matelas et un petit pois, il a demandé à Sylvie Chausse de faire rentrer ce tableau dans une histoire.

 

Elle utilise des rimes dans ses contes qu’elle cherche elle-même ou avec l’aide de ses enfants. Elle possède également un dictionnaire de rimes afin de compléter sa liste de mots.

Sylvie Chausse s’est aussi passionnée pour les dragons car bien qu’ils n’aient jamais existé leur mythe apparaît dans tous les pays du monde. Elle a écrit « Tendres dragons » car elle pense que malgré leur taille gigantesque et leur méchanceté, on ne peut pas se passer d’eux. C’est son second livre à thème, le premier racontait l’histoire d’un chevalier combattant un dragon. « Tendres dragons » est un documentaire qui a demandé dix ans d’écriture, de 1996 à 2006. Elle a fait des maquettes pour les  libraires et ceux-ci lui ont demandé que ses textes soient réduits d’un tiers. Cela lui a imposé six mois de travail supplémentaire. L’éditeur souhaitait également laisser plus de place aux illustrations de Philippe Henri Turin, ce qui a rendu Sylvie « furax » ! Le livre est sorti en 2007. 

L’illustratrice Capucine Mazille a été à l’origine de la bande dessinée « Le château invisible ». Elle a contacté Sylvie Chausse pour l’informer qu’elle avait trouvé un éditeur de BD et lui a demandé d’écrire le texte. Les trois conditions étaient d’avoir des elfes aux oreilles pointues, trois personnages qui ne pouvaient vivre les uns sans les autres et un nombre de pages obligatoire (3 cahiers). Cette BD était leur première à toutes les deux. Elles ont même prévu de sortir le deuxième volet du « Château invisible ».

Sylvie Chausse commence aussi à réfléchir sur une série d’histoires sur la cuisine à différentes époques en y associant un lieu, un personnage qui a existé et un festin. Elle a également l’idée d’écrire sur le tricot mais elle n’est pas certaine que ce thème plaise aux enfants.

Cinq de ses livres ont été traduits en coréen, trois en espagnol, et 3 en anglais pour l’Australie.

Nous avons passé un très bon moment avec Sylvie Chausse qui a su nous expliquer son parcours d’auteur.